Трехсвятительский кафедральный храм в Париже

☦ Корсунская епархия

Bulletin des lectures. Dimanche du Publicain et du Pharisien

Parole de Dieu pendant la divine Liturgie

Lecture de la deuxième épître du saint apôtre Paul à Timothée (2Tm III,10-15)

Mon enfant Timothée, tu m’as suivi dans mon enseignement, dans ma conduite et mes projets, dans la foi, la patience, dans l’amour du prochain et la constance, dans les persécutions et les souffrances qui me furent infligées à Antioche, à Iconium et à Lystres. Quelles persécutions n’ai-je pas eu à subir ! Et de toutes le Seigneur m’a délivré. D’ailleurs, tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés ; tandis que les méchants et les imposteurs feront toujours plus de progrès dans le mal, séduisant les autres et s’égarant eux-mêmes tout à la fois. Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et dont tu as acquis la certitude, puisque tu sais de qui tu le tiens et que depuis l’enfance tu connais les saintes Écritures : elles sont à même de te procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus.

Lecture de l’Évangile selon Saint Luc (Lc XVIII,10-14)

Le Seigneur dit cette parabole : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers.” Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !” Je vous le dis : ce dernier descendit chez lui justifié, l’autre non. Car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

 


 

Méditation du jour

Chers frères et sœurs, je ne vous apprendrai rien de nouveau, en vous disant que la vie d’un chrétien est un combat permanent. Notre combat n’est pas contre nos semblables, ni contre la nature, c’est une lutte sans pitié contre les forces du mal, contre notre propre penchant au mal. C’est une guerre impitoyable, sans répit : elle ne cesse jamais tant que nous vivons dans ce monde. Cette guerre est compliquée, parce qu’elle est invisible, fondamentalement intime, sans règles. Elle ne connaît pas de trêve. Sa fin, c’est la mort naturelle de l’homme : tant que nous sommes vivants, nous sommes en guerre contre le mal invisible. Et jusqu’à la fin, il est impossible de prédire le vainqueur avec certitude. Vous avez entendu, tout à l’heure, dans la seconde épître à Timothée, Paul qui disait : « Tous ceux qui veulent vivre dans le Christ avec piété seront persécutés. Quant aux pécheurs et aux charlatans, ils feront toujours plus de progrès dans le mal, à la fois trompeurs et trompés » (2 Tm 3, 12-13).

Ainsi, vivre dans le Christ et la piété n’est pas de tout repos, mais ne vous affolez pas : nous sommes bien armés pour ce combat subtil et nous sommes parfaitement guidés par la Parole de Dieu et le message apostolique. Comme nous le rappelle l’apôtre Paul, les Saintes Ecritures sont à même de nous « procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus. Toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice : ainsi l’homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne » (2 Tm 3, 15-17).

La parabole du publicain et du pharisien que nous lisons aujourd’hui est un bel exemple de la façon dont la Parole de Dieu assiste, d’une façon parfaitement concrète et efficace, dans notre combat intérieur contre les forces du mal. Elle nous met en garde contre la tentation suprême de l’homme – l’autosatisfaction. C’est l’étape la plus périlleuse de la lutte spirituelle. Ce narcissisme spirituel fait périr beaucoup de grandes âmes et rend vains des efforts parfois titanesques de l’ascèse, de la piété, du jeûne et même de l’amour.

L’autosatisfaction, le sentiment d’avoir atteint un certain degré de sainteté est l’arme ultime, souvent fatale, du diable contre les hommes de Dieu. Il est mille fois plus difficile de résister à cette tentation que de dompter sa chair, d’acquérir la foi et l’amour. Il est incomparablement plus dur de préserver cette vraie humilité intérieure que de distribuer tous ses biens aux pauvres. Ou, pour vous donner une comparaison encore plus impressionnante, il est plus facile de ne rien manger pendant un mois que de résister à cette terrible épreuve de se prendre pour un homme accompli et juste, de se croire meilleur que les autres. Pourtant, il faut remporter cette étape pour recevoir la couronne des vainqueurs qui donne l’accès au Royaume de Dieu.

Chers frères et sœurs, face à ce terrible défi, prions ensemble aujourd’hui, les uns pour les autres, pour que le Seigneur ne nous abandonne pas dans cette lutte, qu’il donne à notre foi la force nécessaire pour ne pas tomber dans l’abîme de ceux contre qui la parabole de ce jour est adressée, que jamais nous ne nous flattions d’être des justes, que jamais nous ne nous considérions meilleurs à ceux qui sont autour de nous et que jamais nous n’ayons de mépris pour autrui, même pour le pire des pécheurs, car il pourrait être ce publicain que le Christ admire, pardonne et exalte.

Homélie au séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève.

 

Bulletin_28_01_18 Publicain et Pharisien